Skip to content Skip to left sidebar Skip to right sidebar Skip to footer

Gouvernance

L’indignation inavouée des héritiers de 1804

À l’approche du 7 février 2026, Port-au-Prince s’agite. Tantôt par le mouvement des meringues carnavalesques, tantôt par celui des aéronefs et navires battant pavillon américain.

Dans ce théâtre où la souveraineté reste bien à son état de concept de droit constitutionnel (puisque nous en sommes à mille lieues), les communications de l’ambassade américaine font office de directives. Rien de nouveau dirait l’Ecclésiaste.

Le soutien des Etats-unis au gouvernement, ne fait pas qu’ébaucher les contours d’une position à comprendre. C’est une énième confirmation, avec cette désinvolture propre à l’Empire de l’Ouest, que le destin d’Haïti s’est toujours joué ailleurs que dans le cœur de ses citoyens.

Les dialogues de sourds qui se sont succédé n’ont apporté que tristesse et amertume. Nous assistons impuissants à l’échec des démarches de concertation, qui bien que nécessaires, ont échoué accoucher d’une solution capable de briser le cycle des transitions éternelles.

C’est précisément dans ce contexte que le soutien affiché des États-Unis au Premier ministre haitien crée un malaise certain. Pour ce peuple dont l’acte de naissance est une rupture radicale avec les fers de l’oppression et de l’ingérence, ce support est une blessure profonde.

Le drame réside peut-être dans une pudeur que l’on pourrait qualifier de tragique : alors que le peuple haïtien semble incapable de mettre en œuvre un projet consensuel viable, il aspire à une rupture constructive. Il se trouve maintenant que le besoin de laver l’affront d’une tutelle qui n’est plus voilée est aujourd’hui devenue l’affaire principale.

On assiste à un combat intérieur entre le besoin de stabilité pour nos enfants, nos familles, notre pays ; et ce refus viscéral de revenir à la servitude.

Voilà le drame des héritiers de 1804, qui refusent d’admettre que leur destin soit en train de leur échapper, préférant parfois le silence au cri de l’impuissance.

Stephanie B.

Crime économique : éditorial du 2 septembre 2025

Harley Dossous

Certains analystes plus ou moins avisés questionnent l’appellation donnée à la situation d’Hayti en la qualifiant d’insécurité.

Une maladie mal diagnostiquée met en péril la vie du patient, l’exposant à de fausses prescriptions et de mauvais traitements.

Qualifier cela d’INSÉCURITÉ, c’est passer à côté, c’est minimiser, c’est discriminer, c’est risquer de ne pas trouver la formule adéquate pour poser définitivement les bases de la STABILITÉ d’Hayti.

Est-ce que cette qualification au rabais de la situation dès le début ne serait pas à la base de sa non-résolution persistante, l’intelligentsia haytienne ayant été pour la plupart erronée et prise au dépourvu ?

On dit qu’un problème identifié est à moitié résolu. Si tel est le cas, sauf omission ou erreur de diagnostic, le problème d’Hayti aurait déjà été résolu, puisqu’il aurait été identifié.

Récemment, on a entendu un haut dirigeant de l’État évoquer le concept de budget de guerre. Un mot qui n’aura vécu que le temps de sa déclaration et qui n’a plus aujourd’hui qu’une valeur historique.

Les mots n’ont de sens que dans leur contexte. D’aucuns se demandent pourquoi cette ambivalence.

Pourquoi pas un budget d’insécurité tout court ?

Ou l’on est en guerre, ou l’on est en insécurité. Et à chacune de ces situations s’impose une disposition appropriée.

En guerre, les règles d’engagement ne sont pas les mêmes : certains droits sont suspendus, les libertés individuelles restreintes, etc. L’État a la latitude de déployer tout son arsenal – les prérogatives exorbitantes du droit commun – pour agir et protéger la collectivité.

En attendant un rapport d’experts venant faire parler les chiffres, globalement les pertes matérielles subies par Hayti durant ces quatre (4) années de cauchemar, quatre années d’atrocités et d’inhumanités, sont inestimables. On évoque déjà des billions et des billions de dollars. Que dire des pertes en vies humaines ?

Il semble que les conseillers économiques de l’État n’ont pas su faire prévaloir leur expertise en priorisant la notion d’avantage comparatif.

Au-delà d’un simple phénomène que certains, à tort et à travers, qualifient de “phénomène d’insécurité”, il semble que ce soit plutôt un vaste crime économique et humanitaire dont l’aboutissement final consiste en l’extinction de l’économie locale déjà moribonde et l’appauvrissement des familles haytiennes déjà en situation de vulnérabilité.

In fine, à qui profite le crime odieux ?

Hayti et sa fatalité

Harley Dossous

L’une des plus graves erreurs pour le moins catastrophiques et irréversibles du peuple haytien c’est d’avoir pendant plus deux siècles investi dans un système éducatif qui n’avait jamais tenu compte du SAVOIR-FAIRE et du SAVOIR-ÊTRE de l’Homme.

Au demeurant, on récolte des Hommes et des femmes avec pour la plupart des esprits détournés, des déviants de la citoyenneté-Responsable.

Tel serait donc le mal social qui nous guette et nous pursuit jusqu’à la gouvernance ou la non-gouvernance d’État.

Aussi longtemps qu’on ne met pas fin à l’hémorragie éducative, aussi longtemps qu’on persiste dans ces voies détournées, on continuera à nager dans les eaux troubles de l’apprentissage pour une société de rage.