Tragédie à la Citadelle : prévenir la prochaine catastrophe !
La prévention véritable suppose pourtant des institutions solides, dotées de moyens, de compétences, de continuité et d’une culture de coopération.
La prévention véritable suppose pourtant des institutions solides, dotées de moyens, de compétences, de continuité et d’une culture de coopération.
Adoptée le 29 mars 1987, au lendemain de la chute du régime des Duvalier, la Constitution haïtienne incarne d’un grand pas vers la démocratie et l’instauration d’un État de droit fondé sur la séparation des pouvoirs, la protection des libertés fondamentales et la participation citoyenne. Toutefois, et trente-neuf ans plus tard, les limites de ce texte se posent face à la réalité sociopolitique du pays, marquée par des crises répétées, une gouvernance inefficace et des institutions fragiles. Dans ce contexte, la question d’une réforme s’impose comme un enjeu central pour la stabilisation et la refondation de l’État.
L’un des principaux reproches adressés à la Constitution de 1987 concerne la nature du régime politique qu’elle institue. Le système semi-présidentiel, pensé comme un compromis entre présidentialisme et parlementarisme, a engendré des tensions récurrentes entre les pouvoirs exécutif et législatif. Le président de la République, bien que détenteur de la légitimité populaire, voit ses marges de manœuvre considérablement limitées par un Parlement disposant de prérogatives étendues, notamment en matière de ratification du Premier ministre. Cette configuration a souvent conduit à des blocages institutionnels, où la formation de gouvernements devient l’objet de négociations politiques prolongées et parfois clientélistes. Dans le même temps, le Premier ministre, dépendant à la fois du président et du Parlement, se retrouve dans une position de fragilité structurelle, ce qui entraîne une incohérence et une discontinuité de l’action gouvernementale.
Par ailleurs, la crise du Parlement constitue également un élément clé du débat sur la réforme constitutionnelle. Le fonctionnement des deux chambres a souvent été marqué par des logiques d’obstruction et de confrontation plutôt que de délibération constructive. La question des mandats et du renouvellement partiel du Sénat engendre fort souvent des décalages et des retards dans l’agenda législatif. Dans ce contexte, le contrôle parlementaire, pourtant essentiel dans un régime démocratique, est parfois exercé de manière excessive ou instrumentalisée à des fins partisanes, entravant la mise en œuvre de politiques publiques cohérentes. Une réforme pourrait ainsi repenser l’architecture et les prérogatives du pouvoir législatif afin de concilier efficacité gouvernementale et exigence de redevabilité, tout en ouvrant la voie à une harmonisation des mandats.
La faiblesse du système judiciaire constitue un défi majeur de l’intégrité nationale. Perçu comme politisé et inefficace, il peine à garantir l’indépendance des juges et la lutte contre l’impunité, ce qui alimente la défiance des citoyens envers l’État. Par ailleurs, les enjeux sécuritaires, exacerbés par la montée des groupes armés, mettent en évidence les limites des capacités régaliennes de l’État. Dans ce contexte, une réforme constitutionnelle pourrait contribuer à renforcer le cadre institutionnel en clarifiant les compétences, en consolidant les mécanismes de contrôle et en garantissant une meilleure articulation entre les différentes institutions.
La question du cadre électoral demeure centrale dans la réflexion sur la réforme. L’organisation des élections en Haïti est fréquemment source de tensions, de contestations et de crises de légitimité. L’absence de stabilité institutionnelle en matière électorale fragilise le processus démocratique et compromet la confiance des citoyens dans leurs représentants. Une révision constitutionnelle pourrait ainsi permettre de rationaliser le système électoral, d’en garantir la transparence et de renforcer la crédibilité des institutions issues des urnes.
En définitive, la Constitution de 1987, bien qu’elle demeure un symbole fort de la transition démocratique haïtienne, apparaît aujourd’hui en décalage avec les exigences de gouvernance contemporaine. La persistance des crises politiques, l’inefficacité administrative et la fragilité des institutions ne peuvent qu’encourager une réforme en profondeur du cadre constitutionnel, non comme une remise en cause des acquis démocratiques, mais plutôt comme une nécessité visant à renforcer l’État de droit, à améliorer l’efficacité de l’action publique et à répondre aux aspirations de la société haïtienne. Sans une telle refondation, le pays risque de demeurer enfermé dans un cycle de crises récurrentes, entravant durablement son développement politique, économique et social.
Gesly Sinvilier, Publicus Press
Le financement de l’enseignement supérieur en Haïti doit être envisagé dans une perspective globale qui prend en compte à la fois les obligations constitutionnelles de l’État.
Jovanie Solon
Alors que l’ONU célèbre ce 8 mars 2026, la Journée internationale des femmes, rappelant avec solennité les droits encore fragiles des femmes et des filles à travers le monde, moi, pensive, j’écoute résonner dans la pièce la voix d’Edith Lefel dans l’emballant morceau Si seulement.
Et une évidence s’impose doucement à mon esprit de femme et de jeune, d’autant que certaines chansons disent parfois, avec plus de justesse, que les discours l’histoire silencieuse de certaines de nos expériences vécues.
Et pour cause, cette chanson d’amour raconte aussi, à sa manière, l’histoire du désamour entre la jeunesse haïtienne et « l’État », qui aurait dû être le gardien de nos rêves de jeunes, l’architecte des possibles, mais qui, trop souvent, a laissé derrière lui la trace d’espoirs dissipés, sinon déçus.
La jeunesse a pourtant parlé. Elle a beaucoup attendu. Elle a voulu croire. Elle demandait des programmes sérieux, des terrains pour jouer, des formations pour entreprendre et des espaces pour respirer. Mais ses appels se sont perdus dans les couloirs et les tiroirs administratifs.
À la place, elle a vu fleurir des projets de façade, des programmes sans lendemain, et des décaissements capturés par des réseaux de prédation qui ont transformé l’action publique en rente de clans. Comme dans la chanson, l’incompréhension s’est installée. La jeunesse parlait en vain.
L’État n’écoutait plus. Alors les années ont passé. Certains jeunes, désabusés mais refusant de répondre aux appels des réseaux criminels, ont choisi l’exil vers les horizons incertains de l’Amérique du Nord et de l’Amérique latine. Ils sont partis avec pour seule boussole l’espoir chevillé au corps que ce pays qu’ils portent dans leur cœur redevienne un jour un endroit où il fera bon vivre.
Et beaucoup ont appris à marcher seuls, loin des institutions nationales qui promettaient de les accompagner.
Reste ce refrain antillais, qui sonne aujourd’hui comme une question adressée à notre république d’Haïti:
Si seulement…
Si seulement on avait écouté la jeunesse.
Si seulement on avait servi au lieu de se servir.
Si seulement on avait compris que ses rêves étaient aussi l’avenir du pays.
⭑
Mais ce geste de maturité sportive des fédérations, […] ne pourrait-il pas aider à juguler, tant soit peu, ce « paraître de la déchéance »
Ce fonds serait placé sous la tutelle du MJSAC, récemment doté – après deux décennies d’attente – d’un décret d’organisation.
Nombreux sont ceux qui cherchent déjà à se positionner au sein du nouveau pouvoir.
En Haïti, l’information ne meurt pas brusquement ; elle s’évapore. Ce qui reste occupe l’espace, mais ne remplit plus sa fonction.
Donald Trump a désigné l’ancien gouverneur Kevin Warsh pour diriger la Réserve fédérale américaine.