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Crime économique : éditorial du 2 septembre 2025

Harley Dossous

Certains analystes plus ou moins avisés questionnent l’appellation donnée à la situation d’Hayti en la qualifiant d’insécurité.

Une maladie mal diagnostiquée met en péril la vie du patient, l’exposant à de fausses prescriptions et de mauvais traitements.

Qualifier cela d’INSÉCURITÉ, c’est passer à côté, c’est minimiser, c’est discriminer, c’est risquer de ne pas trouver la formule adéquate pour poser définitivement les bases de la STABILITÉ d’Hayti.

Est-ce que cette qualification au rabais de la situation dès le début ne serait pas à la base de sa non-résolution persistante, l’intelligentsia haytienne ayant été pour la plupart erronée et prise au dépourvu ?

On dit qu’un problème identifié est à moitié résolu. Si tel est le cas, sauf omission ou erreur de diagnostic, le problème d’Hayti aurait déjà été résolu, puisqu’il aurait été identifié.

Récemment, on a entendu un haut dirigeant de l’État évoquer le concept de budget de guerre. Un mot qui n’aura vécu que le temps de sa déclaration et qui n’a plus aujourd’hui qu’une valeur historique.

Les mots n’ont de sens que dans leur contexte. D’aucuns se demandent pourquoi cette ambivalence.

Pourquoi pas un budget d’insécurité tout court ?

Ou l’on est en guerre, ou l’on est en insécurité. Et à chacune de ces situations s’impose une disposition appropriée.

En guerre, les règles d’engagement ne sont pas les mêmes : certains droits sont suspendus, les libertés individuelles restreintes, etc. L’État a la latitude de déployer tout son arsenal – les prérogatives exorbitantes du droit commun – pour agir et protéger la collectivité.

En attendant un rapport d’experts venant faire parler les chiffres, globalement les pertes matérielles subies par Hayti durant ces quatre (4) années de cauchemar, quatre années d’atrocités et d’inhumanités, sont inestimables. On évoque déjà des billions et des billions de dollars. Que dire des pertes en vies humaines ?

Il semble que les conseillers économiques de l’État n’ont pas su faire prévaloir leur expertise en priorisant la notion d’avantage comparatif.

Au-delà d’un simple phénomène que certains, à tort et à travers, qualifient de “phénomène d’insécurité”, il semble que ce soit plutôt un vaste crime économique et humanitaire dont l’aboutissement final consiste en l’extinction de l’économie locale déjà moribonde et l’appauvrissement des familles haytiennes déjà en situation de vulnérabilité.

In fine, à qui profite le crime odieux ?